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Sujet de dissertation philosophique: Être libre, est-ce s’affranchir de toute autorité ?

 Être libre, est-ce s’affranchir de toute autorité ?

Définir les termes du sujet

Liberté

Définir la liberté c’est répondre au sujet. On peut brièvement dire qu’il y a une définition négative de la liberté comme absence de contrainte, d’obstacle, et une définition positive comme capacité à agir par soi-même.

Autorité

L’autorité désigne le fait d’exercer un certain pouvoir, un ascendant sur autrui. Il ne s’agit pas d’une simple domination car ce pouvoir ne s’exerce pas par la violence, sous la contrainte, mais par respect.

S’affranchir

S’affranchir de toute autorité serait en ce sens ne plus dépendre du pouvoir de quelqu’un, s’émanciper, se libérer. Mais l’autorité peut aussi désigner le fait d’avoir une compétence dans le sens où quelqu’un « fait autorité » dans une matière. S’en affranchir serait alors faire fi de cette connaissance.

Dégager la problématique et construire un plan

La problématique

Être libre dans un premier sens c’est faire tout ce que l’on veut, ne plus avoir à obéir aux ordres d’une quelconque autorité, ce serait donc ne rencontrer aucun obstacle. Mais est-ce seulement possible ? S’affranchir de toute autorité, n’est-ce pas vouloir se situer au-delà des lois de la société et même de celles de la nature, n’est-ce pas vouloir se poser comme maître absolu ? L’homme libre n’est-il pas plutôt celui qui a compris ces lois pour s’en servir et devenir son propre maître ?

Le plan

Il s’agit dans un premier temps d’envisager la liberté comme le fait de s’affranchir de toute autorité dans la mesure où la première condition de la liberté est l’absence de contrainte. On verra dans une seconde partie qu’il ne s’agit pas en réalité de se laisser dominer, mais de reconnaître l’existence de certaines lois pour mieux les contrôler : en ce sens, liberté et respect de l’autorité ne serait pas incompatibles. L’homme ne peut alors gagner sa véritable liberté qu’en faisant preuve d’autorité sur lui-même à travers l’expérience morale du devoir et de sa responsabilité (troisième partie).

Éviter les erreurs

L’erreur principale serait de confondre autorité et simple domination. L’autre erreur serait de se cantonner à un seul des enjeux du sujet alors qu’il appelle un traitement à la fois moral, politique, psychologique et même éventuellement épistémologique.

CORRIGÉ :

Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

Être libre semble signifier que l’on fait ce que l’on veut, en ce sens être libre serait ne rencontrer aucun obstacle, n’être limité par aucune autorité extérieure. Cependant, celui qui revendique son indépendance à l’égard de toute loi, de toute instance dominante, celui-ci ne se condamne-t-il pas à vivre seul en dehors de tout réseau social ?

De plus, l’autorité peut désigner aussi une forme de puissance liée à un savoir, et en ce sens respecter une autorité c’est reconnaître les lois de la nature, c’est donc plutôt une manière de gagner sa liberté en se libérant de son ignorance. Finalement, être libre est-ce s’affranchir de toute autorité ou au contraire respecter ce qui fait autorité ? N’est-il pas utopique de vouloir se soustraire à toute loi sociale, morale ou naturelle ? Alors comment être libre ? Ne peut-on pas concilier la liberté et la nécessité ? Il faudra alors s’interroger sur la possibilité d’être son propre maître en exerçant son autorité sur soi-même et assumer ainsi ses responsabilités.

1. La liberté comme indépendance à l’égard de toute autorité

A. L’affranchissement de toute autorité comme absence de contrainte

« Être libre c’est faire tout ce qui me plaît » : cette idée reçue renvoie à une notion de liberté comme possibilité de tout faire sans limite ni contrainte. Or, n’être déterminé par rien, c’est n’avoir même pas un motif de préférer telle ou telle chose. Mais cette liberté d’indifférence ne permet pas l’action. En effet, dans une fable de Buridan, un âne qui se trouvait à égale distance de deux mêmes picotins d’avoine finit par mourir de faim. L’absence de contrainte ne peut être qu’une condition négative d’une véritable liberté.

La liberté comme sentiment immédiat de faire « tout ce qui me plaît », c’est-à-dire l’idée d’une volonté absolument indéterminée, s’éprouve dans l’expérience du choix. La possibilité d’agir sans aucune raison plutôt qu’une autre est à son paroxysme dans l’idée d’acte gratuit. Ainsi, dans Les Caves du Vatican de Gide, Lafcadio cherche à se prouver l’absolu de sa liberté par un acte qui ne répond à aucune motivation : il va jeter du train où il se trouve un vieillard sans défense.

Ainsi revendiquer sa liberté comme affranchissement par rapport à toute autorité, c’est vouloir poser sa liberté comme infinie et absolue. Mais est-ce seulement possible ?

B. Une liberté comme absence de contrainte est-elle possible ?

Mais suffit-il pour être libre de le vouloir ? Le désir de se prouver sa liberté n’est-il pas déjà un premier motif à l’acte de Lafcadio ? Le désir du meurtre n’est-il pas une raison inavouée ? Finalement, la liberté n’est-elle pas illusoire ? Le déterminisme est la doctrine métaphysique qui affirme que l’ensemble du réel est régi par des relations de cause à effet. Chaque phénomène serait déterminé par une cause, qu’elle soit physique, psychologique, sociale ou autre. Vouloir s’affranchir de toute autorité en résistant aux différents déterminismes par son libre arbitre est-il envisageable ?

Le libre arbitre, comme possibilité de commencer une nouvelle série de ­phénomènes, se présente comme un principe irrationnel, un brin d’indétermination dans le monde. L’homme, en se croyant la seule exception qui n’obéit pas aux lois universelles de la nature, se prend pour « un empire dans un empire » selon Spinoza. Le libre arbitre ne serait qu’une illusion des « hommes qui se croient libres par cette seule cause qu’ils sont conscients de leurs actions et ignorants des causes par où ils sont déterminés » (Spinoza, Éthique, III).

Ainsi, s’affranchir de toute autorité, se poser au-delà de toute loi semble impossible car, qu’on en ait conscience ou non, on est toujours inscrit dans une forme de déterminisme. Faut-il en conclure que la liberté est impossible ?

2. Mais respecter l’autorité de certaines lois est compatible avec la liberté

A. La liberté éclairée par l’autorité de la raison est supérieure à la liberté d’indifférence

Pour Descartes, le monde est rationnel, il est dominé par l’autorité de la raison, et pourtant le libre arbitre existe. La possibilité de choisir, de se déterminer par sa volonté est possible. L’homme selon Descartes a deux facultés : la volonté infinie qui peut tout vouloir, et un entendement limité. Connaître, c’est faire porter la volonté à ce que présente l’entendement. L’erreur est une précipitation de la volonté qui affirme comme vrai ce qui n’est pourtant pas clair et distinct.

La liberté a plusieurs degrés. Le plus bas correspond à la liberté d’indifférence, c’est-à-dire une liberté qui n’a aucune raison de faire un choix plutôt qu’un autre. Le plus haut degré est celui de la liberté éclairée, c’est-à-dire la possibilité d’agir en connaissance de cause, en ayant des raisons de faire tel ou tel choix. Par exemple, on choisit plus librement son orientation professionnelle lorsque l’on connaît les différentes filières. Finalement, les animaux ne sont pas libres car leur « liberté d’indifférence » n’est pas une véritable liberté.

Dès lors être libre, ce n’est pas s’affranchir de toute autorité au sens où on la rejetterait brutalement, mais ce serait comprendre les lois (de la nature) pour mieux les contrôler. Ce serait ainsi, selon Francis Bacon, « vaincre la nature en lui obéissant ».

B. La liberté est autonomie, pouvoir de se déterminer soi-même selon l’autorité de la loi morale

Défendre un déterminisme absolu des choses c’est renoncer à la possibilité d’agir selon des décisions sciemment choisies, c’est renoncer à la possibilité pour un individu d’être un sujet moral, c’est-à-dire d’être responsable de ce qu’il fait et non d’obéir à des lois qui lui sont extérieures. L’autorité peut être celle de la loi morale que je fais mienne à travers la notion d’obligation, qui se distingue ainsi de la contrainte.

Pour Kant, la moralité est ce qui fait la dignité de l’homme et sa supériorité. L’homme sait qu’il est libre par l’expérience d’une résistance aux penchants naturels. Paradoxalement, c’est le devoir qui révèle la liberté humaine. La liberté comme condition de possibilité de l’exercice du devoir, d’une responsabilité, est dite « transcendantale ». En ce sens la liberté de faire tout ce que l’on veut est une fausse liberté car elle ne consiste qu’à s’adonner à tous les déterminismes rencontrés, summum de l’irresponsabilité.

Ainsi, la liberté consiste à faire ce que l’on veut non pas dans le sens de céder à tous ses désirs, mais d’être capable de se déterminer par sa volonté et par la connaissance, et donc la maîtrise des déterminismes. Cependant, si la liberté consiste ainsi à vaincre des déterminismes ou à les intérioriser, n’est-elle pas plutôt une tâche infinie, un idéal, plutôt qu’un état acquis ?

3. L’homme libre fait autorité sur lui-même

A. L’homme n’existe que comme projet

Pour l’existentialisme, l’homme a ceci de particulier que son « existence précède l’essence », ce qui signifie que l’homme existe d’abord et qu’il se définit ensuite. On ne peut le qualifier définitivement. Sa seule particularité est d’être indéfinissable.

Exister consiste alors à se choisir, à être libre en dépassant ce qui pourrait être la définition de son essence. L’homme est un être toujours en projet dans la mesure où il ne coïncide jamais avec ce qu’il croit être. Ainsi l’homme n’est pas « libre », mais en perpétuelle « libération ». La liberté prise dans l’action devient « engagement » dans le sens d’une action à tenir, à prouver constamment.

S’affranchir de toute autorité serait alors se libérer de tous les déterminismes tout en ne reconnaissant plus qu’une seule autorité : la sienne. Mais celle-ci serait sans cesse à reconquérir.

B. Mais il a une responsabilité absolue

Renoncer à ce dépassement de soi en s’identifiant à ce que l’on croit être est ce que Sartre appelle « la mauvaise foi » : cela consiste à dire que l’on ne peut faire telle ou telle chose parce que l’on « est » ainsi. Or, la seule liberté possible est de reconnaître que l’on a toujours le choix de faire autrement : on est « condamné à être libre ». La lâcheté n’a pas d’excuse. Cette conception de la liberté est très morale car elle engage une responsabilité absolue.

Ainsi le seul obstacle à sa liberté serait de ne pas la reconnaître, de vouloir y renoncer par lâcheté. Mais alors, ce n’est même pas à la liberté que l’on renonce (puisqu’on y est condamné), mais à sa jouissance. En ce sens, être libre serait non pas éviter les obstacles, toute forme d’autorité extérieure, mais au contraire s’y confronter.

Conclusion

Être libre, est-ce pouvoir faire tout ce que l’on veut ? Cette conception répandue de la liberté consiste à assimiler la liberté avec la toute-puissance de la volonté. Être libre serait alors accomplir tous ses désirs. Or l’expérience la plus quotidienne nous indique que l’homme est toujours soumis à des contraintes externes (physiques ou sociales) et internes (instincts, habitudes, passions).

Si la liberté est absence d’obstacles, alors elle reste étrangère à la condition humaine. Mais si faire ce que l’on veut signifie que l’on agit conformément aux décisions que l’on a prises, alors la liberté résulte de l’engagement du sujet qui veut surmonter ses contraintes. À ce titre, elle ne peut être infinie, mais elle est cependant effective, possible. Si être libre c’est être capable de se poser des objectifs et de les atteindre, alors c’est pouvoir répondre de ses actes, bref être responsable. En ce sens, la liberté est la condition même de la responsabilité morale et juridique d’un individu. La liberté n’est pas une absence d’obstacle, mais la possibilité de s’y confronter. Tout obstacle n’est donc pas aliénant.

Si être libre c’est s’affranchir de toute autorité, alors c’est demeurer dans une liberté infinie mais indéterminée et ineffective. Les contraintes extérieures doivent être non pas niées, mais comprises et dépassées. La liberté consiste alors en une libération continue de toute autorité (au sens de ce qui possède une puissance) qui se voudrait aliénante et réductrice pour finalement construire sa propre autorité (au sens de ce qui a compétence de), garante d’une liberté responsable.

 

Source :http://www.annabac.com/content/etre-libre-est-ce-s%E2%80%99affranchir-de-toute-autorite

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