CAMEROUN : LA MINISTRE DE LA FEMME DONNE UN SWING AU STRING (La Chronique décalée de François)

CAMEROUN : LA MINISTRE DE LA FEMME DONNE UN SWING AU STRING (La Chronique décalée de François)

 

En république cacaoyère, on est cultivatrice de cacao de mère en fille. Mais depuis que nos ancêtres de la République charcutière de France nous ont sortis de nos cacaoyères, nous ont montrés que le sexe ne sert pas que à faire des bébés, nos jeunes femmes ont déclaré la guerre à tout ce qui cache leur sexe : elles veulent à tous les prix qu’on voit qu’elles sont des femmes, qu’elles ont des rondeurs et des profondeurs.

 

 
Notre ministre de la promotion de la femme et de la famille, à défaut de leur couper les cheveux comme elle-même, veut aujourd’hui les voir plus cultiver le cacao que vendre leur cacao strings et nichons dehors. Le 19 novembre, une campagne a même été lancée avec d’autres ministères concernés pour stopper « l’indécence vestimentaire des jeunes filles », nous dit-on. Dans le terme « jeune fille », il faut entendre « jeune femme », « femme non mariée » et même « femme jeune ». Et comme on ne demande pas son âge à une femme, toutes les femmes aux attitudes « jeunes » sont concernées. Presque.
On ne sait pas encore si Marie Thérèse Abena Ondoa, la prof’ aux cheveux courts va se faire entendre, mais en République Cacaoyère, «  les derrières et devant dehors », c’est une forme de contribution de notre jeunesse féminine à la mondialisation. Voici donc quelques bonnes raisons pour lesquelles nos jeunes filles (femmes jeunes) raccourcissent leurs jupes, bombent leur soutien-gorge et baissent leurs pantalons blue-jeans :
Prof’ Marie Thérèse, il fait trop chaud sous nos cacaoyères, et nos jeunes femmes qui marchent beaucoup à pied sous le soleil, ont besoin de beaucoup d’air. S’habiller donc léger, est une nécessité climatique, et même technique pour leurs deux roues motrices (pieds). Oui, Excellence Madame le Ministre, c’est pas le pied de se trimbaler un tailleur avec corsage et chemisier longues manches boutonné jusqu’au cou, jupe assorti de jupon à ras les mollets, lorsqu’on n’a pas une énorme voiture avec air conditionné, chauffeur ou garde du corps en options.
En République Cacaoyère, nos jeunes femmes ont constaté que l’école ne paye pas, les longues études sont une sacrée perte de temps, l’intelligence est un satané délit d’inimitié à l’incompétence institutionnalisée. Conséquence, il ne leur reste que leurs corps pour s’exprimer dans une société où il est plus certain pour une jeune fille de gagner son pain à la sueur de son popotin qu’à la lueur de ses compétences.
Dans cette compétition à une place sous le soleil de nos cacaoyères touffues de chiendents de tribalisme, de népotisme, d’ostracisme eh bien ! à chacun ses armes : certains sont nés sous la belle étoile en portant un grand nom, d’autres sont nés avec une cuillère en or à la main en héritant d’une fortune familiale, d’autres ont un QI qui leur fait faire de belles études. Mais pour une sourde majorité de nos jeunes cultivatrices de cacao, elles n’ont que leur QX, donc leur corps, à mettre à la vitrine de l’ascension, de l’affirmation et de la quête d’insertion sociale et professionnelle. Sur le boulevard de l’émergence du Cameroun en 2035, on mise sur la croissance à travers de grandes réalisations, un boom économique, d’autres n’ont que leur string comme argument…
Et pour faire très politiquement correct, les tenues courtes, légères de nos jeunes cultivatrices de Cacao au Sud participent à lutter contre le réchauffement climatique du Nord. Un string, une mini-jupe, un pantalon taille basse et un décolleté goulument ouvert sur une généreuse poitrine ferme ou flasque, c’est moins de coton utilisé, moins de carburant flambé, moins d’électricité consommé pour le nettoyage ou le repassage, donc moins de pollution pour l’environnement et des ressources naturelles utilisées. La mini-jupe et Le string est écolo et c’est plus « développement durable » qu’un énorme Kaba gourmand en coton, gourmand au lavage et au repassage qui fait transpirer sec en plus une jeune cultivatrice de cacao qui est donc obligée de consommer plus de clim ou d’eau glacé pour  se rafraîchir un peu.
On va quand même applaudir la lumineuse idée de la ministre de la promotion de la femme et de la famille qui est là en plein dans son sujet. Mais, bon… Un proverbe roumain dit que « Jupe de femme est lange du diable ». Quand nos ministres commencent à donner des leçons de caleçons et de nombril aux jeunes filles, à la place des parents, on peut  croire que l’ange du diable n’est pas loin.


Source: Cameroun-online.com|François Bimogo

*Un regard impertinent sur l’actualité socio-politique et culturelle du Cameroun et de l’Afrique. Histoires de Républiques Cacaoyères et de République Charcutière. Pour écouter ces chroniques, comme leur auteur, François Bimogo, il faut adorer les Républiques Cacaoyères.

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Catégories : Actualité, ACTUALITE | Un commentaire

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Une réflexion sur “CAMEROUN : LA MINISTRE DE LA FEMME DONNE UN SWING AU STRING (La Chronique décalée de François)

  1. La seule photo de couverture donne déjà envie de se plonger dans cet ouvrage…

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