Archives quotidiennes : 25 avril 2012

 
 

Si seulement…

Très souvent, quand vous partez au village ou quand vous avez l’occasion de discuter ou d’échanger avec certaines personnes, surtout celles qui vivent au village ou les citadins aux mentalités villageoises, vous ne pouvez pas vous empêcher d’être surpris par des réponses souvent trop fatalistes et même quelque peu insensées. Insensées, parce que ces réponses « mysticistes » viennent mystifier des phénomènes naturels et même compréhensibles avec une petite volonté d’analyse rationnelle. Très souvent quand vous demandez à certains de ces hommes très peu nantis financièrement et vivant dans des conditions avoisinant la misère, pourquoi ils font autant d’enfants, ou pourquoi ils ne font pas un effort de planning familial, comme le recommande le monde moderne capitaliste, ils vous diront « C’est Dieu qui donne les enfants, on ne peut pas les refuser ». Ou encore au deuil d’un enfant mort de paludisme parceque exposé aux essaims de moustiques depuis sa sortie du ventre maternel, ou mort de malnutrition ils vous répondront : «  C’est Dieu qui a voulu qu’il reparte », «  Ah ! C’était son jour », comprenons par là, qu’il devrait mourir de cette façon, dans ces conditions. C’était écrit dans le grand livre du « Grand Barbu »…A défaut, ils vous réciteront tout simplement ce passage de la Bible : «  Dieu a donné, Dieu a repris, que sa volonté soit faite ».

                                                                             Ah, n’oublions pas l’autre catégorie de personne, qui se réfugie derrière le bouc émissaire de tous. Voila comment cette catégorie voit les choses, analyse les faits et tire ses conclusions : «  c’est le sorcier du village qui a mangé l’enfant », ce sorcier n’est autre que l’oncle, le cousin, la tante ou le frère moins fortuné et encombrant.  Tout cela s’explique, ou a pour explication : l’ignorance, l’obscurantisme, le refus de faire face à l’existence ou tout simplement la fuite de responsabilité. Certains définissent cet homme comme l’ «  HOMO MAGICUS », le magicien, ou encore celui qui voit partout et en tout mystère, divinité et fatalité. La fatalité prise ici comme une force surnaturelle par laquelle tout ce qui arrive est déterminé d’avance, détermination et contrainte irrémédiable.              

          Bref, ce sont ces deux images qui m’interrogent sur l’être humain. La première image nous présente une dame suspendue entre la vie et la mort. Un esprit pessimiste, mais réaliste dirait qu’elle est plus proche de la mort que de la vie. Car, il suffit d’une petite erreur venue de nulle part pour qu’elle se retrouve sous les roues d’une voiture. Peut-être une voiture conduite par un « chauffard », c’est-à-dire un conducteur qui après avoir appris à conduire avec un de ses frères sur un terrain de football du quartier s’est acheté un permis de conduire, au prix de quelques bouteilles de bière, qui sait ?  

                 Ou encore l’image des ces écoliers. Nous sommes le 11 Février 2012, date de la traditionnelle fête de la jeunesse, nous sommes quelque part au village, les routes sont sableuses, boueuses sinon poussiéreuses, il ne suffit pas d’être appelée voiture pour pouvoir circuler sur ces routes, il faut plus ! Ceci étant, l’on se rabat sur les moyens de bord, et voilà qui crée des motos à 06 places. Un danger de mort ? Des tombeaux ouverts ? Non, rien de cela mais une véritable voiture «  Made in village »… La magie du progrès a fabriqué toute sorte d’engins, la magie de la consommation a crée toute sorte d’usage…

                                                                                                                                                                                                                           Théra

Publicité
Catégories : Actualité, ACTUALITE, Ouvertures, paradoxe, Philosophie | Étiquettes : , , | 8 Commentaires

Sujet de type Commentaire composé(niveau première ABCD), Consultez le corrigé.

Texte support

L’étranger le dévisagea avec  hostilité.

«  Ne t’inquiète pas de son état, dit Stanley en riant, il ne fonctionne que lorsqu’il est beurré. Il a toute sa tête à ce moment-là. » Il déposa Julius sur une chaise où il resta avachi, jambes allongées que le linoléum. A travers ses paupières à demi fermées. Julius observait Ben avec méfiance tandis que Stanley leur versait du Whisky.

«  Qu’est-ce qu’il fait là ? » demanda Julius après avoir avalé d’un trait la moitié de son verre. Il n’avait pas quitté Ben des yeux.

« Je l’ai amené ici pour l’affaire Gordon » dit Stanley nonchalamment en installant son corps dans un canapé aux pieds ridiculement petits.

« gordon est mort. Il nous appartient. Qu’est-ce  que ce mugu a à voir avec lui ? »

Ben était vexé. Il avait envie de s’en aller. Stanley qui semblait franchement amusé l’en empêcha d’un geste.

« Tu peux très bien ne pas le croire, en le voyant comme ça, dit-il, mais ce fumier a été l’un des plus grands avocats des agglomérations, lanie. L’année dernière, quand ils ont fait passer tous ces enfants devant le tribunal, après les émeutes, il travaillait nuit et jour pour les sauver. Des centaines de cas, je te le dis. Puis ils l’ont banni. C’était juste après qu’il eut obtenu les dépositions pour Gordon. Il a donc dû abandonner son job et maintenant il se saoule la gueule avec l’alcool des autres. »

Julius Nqakula ne semblait pas très impressionné. Stanley se tourne brusquement vers lui. « Ecoute-moi. Ben veut que nous continuions à travailler sur l’affaire Gordon.

Il est blanc », s’écria Julius en dévisageant Ben et en bougeant ses souliers en cadence.

« La Section spéciale a fouillé sa maison, à cause de Gordon.

¾              Il est blanc », s’écria Julius en dévisageant Ben et en bougeant ses souliers en cadence.

« La Section spéciale a fouillé sa maison, à cause de Gordon.

¾              Il est toujours blanc

¾              Il peut atteindre des endroits que nous ne pouvons pas atteindre.

¾              Et alors ?

¾              Nous pouvons atteindre des endroits qu’il ne peut pas atteindre. Qu’en dis-tu ? Joignons nos forces.

¾              Je dis qu’il est blanc  et que je ne lui fais pas confiance. »

Ben avait jusqu’alors réprimé sa colère, mais il ne put se contenir plus longtemps. « Vous attendez peut-être que je dise : vous êtes noir, je ne vous fais pas confiance. C’est ça ? » Furieux, il reposa bruyamment son verre sur le guéridon. « Ne croyez-vous pas qu’il serait grand temps de passer par-dessus ces préjugés stupides ? » il se tourna vers Stanley. « Je ne sais vraiment pas comment tu fais pour attendre quoi que ce soit de lui. »

André Brink, Une Saison Blanche et sèche,

3ème partie, chap 1 pp 201-202.

Sans dissocier le fond de la forme, vous ferez de ce texte un commentaire composé. Tout en étant attentif aux procédés d’écriture ; vous pourrez par exemple montrer les incompréhensions dans la lutte contre le racisme.

Proposition de corrigé et suggestion de plan

Situation de l’extrait : Après la mort de Gordon Ngubene ; Ben du Toit  désire  connaitre les véritables causes de son décès et s’engage à lutter contre la ségrégation raciale.

Idée  générale : Les deux conceptions antagonistes pour combattre le racisme.

Thème : l’incompréhension dans la lutte contre le racisme.

Centre d’intérêt n°1 : le combat contre le racisme, comme responsabilité exclusive de la race noire : Thèse de Julius.

1)      L’absence de Blanc antiraciste ou la diabolisation abusive de la race blanche.

a) La généralisation ou l’utilisation de l’argument logique « il est blanc » par conséquent, il déteste les Noirs car les Blancs ont horreur des « hommes de couleur »

b) L’utilisation du prénom personnel « nous » à valeur restrictive renvoyant à la race noire dans la phrase déclarative « Gordon est mort. Il nous appartient » pour exprimer la classification on le cloisonnement  racial dans cette société raciste et l’impossible communication entre les races.

– L’emploi de l’interrogation oratoire associé au lexique dépréciatif avec l’adjectif démonstratif « ce » dans l’interrogation rhétorique «  qu’est ce que ce mugu a à voir avec lui ? Pour matérialiser la distancez « naturelle » entre Noirs et Blancs.

2)   l’insincérité de Ben du toit ou la simulation des Blancs à travers le personnage de Ben du toit.

a)   l’utilisation du contre argument associé à l’adverbe dans l’expression « il est toujours blanc» pour faire comprendre à Stanley que même si la police spéciale a fouillé la maison de Ben du toit, celui-ci peut être tout simplement au service de la cause blanche  sous le couvert de la philanthropie.

b)   l’usage du langage non-verbal « Julius observait Ben avec méfiance » et l’assertion catégorique « je dis qu’il est blanc et que je ne lui fais pas  confiance » qu’il permet à Julius de s’impliquer dans son énoncé et rejeter l’aide de Ben du toit.

C)  le mépris de Ben du toit par Julius par l’interrogation oratoire « et alors ?»

D)  la menace de Julius envers Ben du toit par le langage non verbal « il n’avait  pas quitté Ben des yeux » associée à la question Rhétorique » qu’est ce qui fait là ? Pour montrer qu’aucun Blanc n’a de place dans la société ou la cité noire dans  l’univers raciste.

Centre d’intérêt n°2 : ou CI n°2 : le racisme est l’œuvre d’une minorité blanche et la lutte contre  ce travers humain est multiraciale : thèse de Stanley et Ben du Toit

1)       La condamnation du racisme par les philanthropes blancs.

a)      L’emploi de l’exemple argumentatif de Ben du toit victime du pouvoir raciste : «  la section spéciale a fouillé sa maison »

b)      La locution à cause « à cause des Gordon » pour montrer ce que les Blancs peuvent endurer dans le combat contre le pouvoir raciste blanc

c)      L’emploi du verbe modalisateur et du pronom personnel « nous » renvoyant à toutes les races, dans la phrase déclarative « Ben veut que nous continuons à travailler sur l’affaire Gordon » pour montrer que les Blancs peuvent prendre l’initiative dans l’appel à la fraternité universelle pour combattre le racisme et un système fondé sur le mensonge.

2)       La nécessité d’une lutte multiraciale

a)      Utilisation des arguments par Stanley « il peut atteindre des endroits que nous ne pouvons pas atteindre », « nous pouvons atteindre des endroits qu’il ne peut pas atteindre » associés au monde impératif à valeur de conseil « joignons nos forces » pour montrer la complémentarité dans le combat.

b)      Le refus du cercle vicieux ou le combat du racisme par le racisme par la condamnation du comportement de Julius avec la personnification « préjugés stupides »

Autres

Les intérêts du texte :

Littéraire et historique. En combinant narrations et dialogues, le romancier nous fait vivre avec réalisme l’univers raciste en Afrique du Sud pendant l’Apartheid.

Intérêt humain et social : la difficulté  pour les hommes de races différentes de vivre dans une société raciste.

L’intérêt dramatique : Ben du toit va-t-il se décourager ou sera-t-il un héros solitaire ?

Ouverture du débat : le drame de Ben du toit dans l’œuvre n’est-il pas celui du romancier André Brink qui s’insurge centre le racisme de ses « frères » ?

Sujet proposé par M BETHEUZE, prof fr Littérature et Philosophe.

Catégories : Sujets de langue française | Un commentaire

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :