Philosophie africaine entre identités constituées et pensée constituante

         Le besoin identitaire peut se comprendre comme le souci de celui qui, nié par un autre éprouve le besoin d’affirmer son droit à la vie, de se poser même si de manière opposée à une forme de réduction (s)électivie.

           En quoi consiste la philosophie africaine? Serait-il scandaleux de dire « à rien »? Oui si on n’ajoute pas « de spécifique » ou « de différent » dans la forme, mais sans doute dans le contenu. Les discussions que nous voulons entretenir ici, ont d’abord pour but, non de tomber dans le « piège de la différence » dont parlait Crahay il y a une cinquantaine d’années, mais tout simplement pour penser, oser penser et oser donner à penser sur la philosophie, sur la philosophie en Afrique, africaine, bref sur l’homme en tant que dans un milieu donné se donne pour leit motiv la « quête du sens » dans le but de dire tout en se disant. Il n’est donc pas question de discours d’Africains sur une Afrique beaucoup plus souvent « pansée » que « pensée », encore moins sur ce qui donne à panser dans ce milieu, mais de ce qui devrait faire l’être homme manifesté et pas (re)cherché…

          Identité et développement ont souvent été présentés comme « lieu tenant » de la philosophie africaine. Notions principales et principielles, la première si revendiquée et même brandie à grand renfort de courbettes, galipettes et autres requêtes, continue de se voir comme porte étendard d’une renaissance qui se veut africaine face à une Afrique précisément en pleine renaissance. La seconde pour sa part, entre dénégations, neurasthénies et récriminations relève de plus en plus de la chimère. La culture semble être une réalité plus spontanément applicable ou simplement appliquée et même revendiquée par les sociétés dites traditionnelles, c’est-à-dire dans des milieux où le boom technoscientifique n’a pas vraiment fait ses preuves en termes de production. En effet, autant il semble plus correct de parler d’anthropologie (culturelle) ou d’ethnologie en ce qui concerne les mondes « primitifs » d’en bas, autant la sociologie semble a priori plus appropriée pour les sociétés « civilisées » d’en haut. De la même manière, parler de « culture » pourrait être plus recevable pour les peuples « en retard » ou « primitifs », par opposition à « civilisation » manifestement plus approprié pour ceux qui ont su domestiquer et transformer la nature : « développés », « civilisés ».

          « PHILOSOPHIE AFRICAINE. QUESTIONS ET DÉBATS » est donc un portail pour l’Homme, parlant de lui-même ou des autres, proches comme loin (tain)s. Cet l’Homme qui tente de réfléchir à ce qui détermine son être au monde, ou la manière dont il comprend un être au monde qui n’est pas nécessairement celui dans lequel il s’inscrit tant par l’espace que par le temps, mais qui le pousse sans cesse à aller au delà de lui et de lui-même.

Yannick ESSENGUE

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Catégories : Philosophie | 2 Commentaires

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2 réflexions sur “Philosophie africaine entre identités constituées et pensée constituante

  1. Avant tout j’avoue que du point de vue littéraire et spéculatif, je m’incline devant l’auteur: c’est un très beau texte. L’auteur manipule comme d’habitude, les concepts et la langue française avec une aisance admirable. Mon cher Amougou, merci pour la beauté et la qualité littéraire du texte. Je pense comme l’auteur qu’il nous faut oser penser et faire penser. beaucoup, d’ailleurs comme moi, se disent à quoi cela sert de parler, ou de discuter de philosophie Africaine? Bien sûre que cette préoccupation à un sens, est réelle. L’on se dit mais pourquoi perdre son temps dans une « spéculation brumeuse », alors que l’Afrique doit faire face à des questions concrètes, à des problèmes qui, aujourd’hui, freinent l’africain dans sa marche vers le progrès. Des problèmes existentiels qui qui déterminent l’avenir du continent? certes, la philosophie reste quelque part inefficace en face de la science, de la technologie, mais oser poser la question du bonheur de l’homme africain, oser pousser l’africain à penser sur son être et sur le sens à donner à son être passé, présent et à venir reste une interrogation importante à laquelle la philosophie, si elle s’incarne dans le réel peut nous aider à comprendre.

    Théra

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    • ESSENGUE

      Merci pour la réception du texte et merci de nous donner l’espace ou un autre espace pour « penser, construire et agir ». Ces concepts qui définissent le blog semblent poser à souhait le souhait renouvelé d’une pensée africaine appelée à se rendre manifeste, à se « phénoménaliser »… Je partage l’idée de rationalisme critique et scientifique qui doit conduire à l’éveil de l’Afrique. Je voudrais m’inspirer ici de Martien Towa, qui montre dès les premières pages de son livre Essai sur la problématique philosophique dans l’Afrique actuelle, que la philosophie et la science en tant que productions de la raison, devraient contribuer à créer les conditions de la liberté, comprise (à la suite de Hegel) comme condition sine qua non pour la pensée, la construction d’un discours conceptuel en vue de l’action efficace dans l’histoire en marche.

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