Archives quotidiennes : 10 novembre 2011

L’Europe, Hitler et le Nazisme

« Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour: les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets. on s’étonne, on s’indigne. on dit:  » comme c’est curieux ! Mais bah ! C’est le nazisme, ça passera ! » Et on attend, et on espère, et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries, que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice, que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens, que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il sourd, qu’il perce, qu’il goute, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne. oui, il vaudra la peine d’étudier, cliniquement dans le détail, les démarches d’Hitler et de hitlérisme et de relever au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXè siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère ( Blâmer vivement), c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’inde et les nègres d’Afrique. Et c’est là le grand reproche que j’adresse au pseudo-humanisme: d’avoir trop longtemps rapetissé les droits de l’homme, d’en avoir eu, d’en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partial et, tout compte fait, sordidement raciste ».

AIME CESAIRE, Discours sur le Colonialisme.

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Liberté…

     Philosopher c’est savoir ce que le savoir veut dire… Cette énonciation n’est pas une simple rhétorique. Elle traduit ce que signifie la philosophie et de surcroit nous donne une idée précise sur l’activité du philosophe. A la différence des autres sciences le savoir philosophique n’est pas une possession de la connaissance, mais est une recherche sans fin renouvelée du savoir. En utilisant les mots de Karl Popper je dirai que la philosophie est une quête inachevée du savoir, de la vérité.

     Dans la même logique, mon ambition se veut aussi modeste. Mon exposé, loin d’être exhaustif n’est qu’une interrogation. Une interrogation sur deux concepts philosophiques aussi problématique que polémiques : Philosophie et liberté. Je ne vous donnerai donc pas des réponses « toutes faite et prêtes à consommer ».  Mon exposé vise à susciter en nous des questions, non pas l’importe quelles questions, mais des questions de fond, des questions existentielles. Des questions capables de nous ouvrir à une autre vision, conception plus profonde et approfondies sur la philosophie et la liberté. Lire la suite

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Colonisation = déshumanisation.

www.youtube.com      J’ai parlé de contact. Entre colonisateur et colonisé, il y’ a de place que pour la corvée, l’intimidation, la pression, l’impôt, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie des élites décérébrées, des masses avilies. Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui qui transforment l’homme colonisateur en pion, en adjudant; en garde-chiourme, en chicote et l’homme indigène en instrument de production. A mon tour de poser une équation: colonisation = chosification. J’entends la tempête. on me parle de progrès, de  » réalisations », de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes? Moi je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, des cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées. On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, des canaux, de chemins de fer. Moi je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui à l’heure ou j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse. Je parle de millions d’hommes à qui on a savamment inculqués la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme.

                                                                                                                                                                                                 Aimé Césaire

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